04.01.2009
un peu d'histoire
De tout temps la musique est attachée au festif, à la célébration, au commémoratif , elle vient rythmer et accompagner les rituels liés aux « passages » fondamentaux de l’existence.
Il nous est apparu intéressant de rechercher les fondements et les répertoires musicaux affiliés au dernier voyage et à l’accompagnement des proches du défunt dans le processus de deuil.
Pendant bien des siècles en Europe, deux pouvoirs égaux en droit, l’état et l’église, se partagent l’histoire des peuples. Il est délicat de séparer les rites de la vie des rites religieux, l’église ayant eu en charge pendant longtemps le registre des naissances, mariages et décès.
Elle a toujours été en contact direct et régulier avec la population, par les soins hospitaliers, l’enseignement, la prêche etc… Aussi avons-nous force détails sur le répertoire musical des célébrations mortuaires chrétiennes mais fort peu de traces de musiques profanes qui y sont attachées .
Une séparation est cependant à observer, entre la haute société, qui a toujours eu à son service des musiciens et compositeurs garantissant le faste des cérémonies, et le peuple, dont le service funèbre se résumait à un prêtre qui chantait vraisemblablement la messe en plain-chant.
C’est de ces deux traditions profondément ancrées dans l’histoire de notre continent que Madriam prend sa source.
Le plain-chant (chant grégorien) comme mémoire que nous possédons tous, référent absolu totalement assimilé culturellement, il résonne chez chacun de nous de façon quasi cellulaire.
Et plus spécifiquement dans notre parcours de musiciens, Nous avons tous hérité des grands noms qui ont porté aux plus hautes lettres de noblesse l’art musical, tant sacré que profane.
Chaque époque fut marquée par des caractéristiques esthétiques différentes mais une constante reste, la création musicale dépend principalement de commandes liées aux évènements.
En France, Guillaume de Machaut (1300_1370) attaché au service de Jean de Luxembourg, roi de Bohème, est également chanoine et bénéficiera d’un canonificat définitif à Notre-Dame de Reims. Il écrira autant de chants de troubadours qui, se déplaçant de villes en villes portent la parole sur les places publiques, que de messes et motets pour les offices de la cathédrale.
Jean-Baptiste Lully (1632-1687) qui excellera dans la forme du grand motet baroque, s’illustrera également dans l’opéra, en tant que Maître de la musique du roi Louis XIV.
En Italie, le compositeur Antonio Caldara (1670_1736) est Maître de la chapelle et du théâtre du dernier Duc de Gonzague à Venise, où à la même époque, Antonio Vivaldi reçoit sa prêtrise, ce qui ne l’empêche pas d’être également Maître de concert du Seminario musicale dell’Ospedale della Pietà, l’un des plus fabuleux établissements musicaux de Venise.
En Allemagne, le plus célèbre des Maître de chapelle n’est autre que Jean-Sébastien Bach (1685-1750), attaché lui aussi au service d’un prince, Léopold d’Anhalt-Köthen, en charge de la musique d ‘apparat, et Cantor de l’église Saint-Thomas de Leipzig.
Joseph Haydn (1732-1807) est au service du Prince Eszterhazy à Eisenstadt.. Il est en charge de la musique d’église et de la musique de chambre pour les divertissements de la cour.
Ce ne sont que quelques exemples emblématiques de créateurs de musiques d’évènements à travers neuf siècles d’histoire de la musique occidentale.
Madriam souhaite s’inscrire dans cette filiation de musiciens, improvisateurs, compositeurs, créateurs au service des hommes et des moments forts de leur existence .
21:26 Publié dans Actualités Madriam | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, passage, rituel, sacré, improvisateur, héritage


